Stand Up To Racism : « valoriser une culture pour une tout autre société »

Comac, le mouvement étudiant du PTB, et ManiFiesta, la Fête de la Solidarité, ont lancé hier le festival « Stand Up To Racism » à la VUB à Bruxelles. Une journée complète de slam, hip-hop, stands associatifs, concerts contre la peur et la haine de l’autre.

Jonathan Lefèvre

« Stand Up To Racism (debout contre le racisme, NdlR) est un festival de musique urbaine qui vise à développer une culture populaire et engagée en mettant à l’honneur des jeunes artistes de rap, hip-hop, slam avec un message résolument antiraciste, explique Anouk Vandevoorde, porte-parole de Comac. Face aux discours dominants de droite et d’extrême droite qui diffusent le racisme et la haine de l’autre, il est plus que nécessaire de développer une culture solidaire qui brise la peur entre les gens et les pousse à se rencontrer, s’unir et lutter pour un monde meilleur. »

Mario Franssen, directeur de ManiFiesta : « Pour nous, il est important de soutenir Stand Up To Racism. La Fête de la Solidarité est un lieu de rassemblement de ces luttes, un lieu de convergence. Par exemple, il y a la lutte sociale qui est menée par les syndicats. Il y a le développement de la solidarité internationale organisée par diverses ONG et associations, et il y a aussi les organisations de défense des droits démocratiques qui mènent la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Cet événement a donc toute sa place chez nous. »

Aux quatre coins du monde, des Trump, Wilders, Le Pen, etc. sont en pleine ascension. Ils diffusent la haine de l’autre et le racisme pour diviser les gens et maintenir une société basée sur les inégalités et la course au profit. « En Belgique, nous ne sommes évidemment pas épargnés. Le gouvernement de droite – avec De Wever, Francken et Jambon en tête – tente d’imposer sa vision de la société. Face à cela, il est plus que nécessaire d’imposer un discours de solidarité et de lutte », selon Anouk Vandevoorde.

Destination ManiFiesta

La porte-parole de Comac poursuit : « La culture joue un grand rôle là dedans : dans la musique, les films, les séries, tous les medias de masse... La sphère culturelle est inondée d'idées de droite. On nous dit qu'il faut "choisir entre accueillir les réfugiés et préserver notre sécurité sociale" alors que notre gouvernement est le plus grand fossoyeur des acquis sociaux. Ou encore que "quand on veut on peut et que si on ne trouve pas de boulot, c'est notre responsabilité individuelle" quand il y a à peine 1 job pour 17 chercheurs d'emploi. Ainsi, tous ces foyers culturels propagent une hégémonie culturelle de droite qui veut conquérir les esprits pour convaincre que le système dans lequel on vit est "le meilleur système possible", qu'il ne faut pas se rebeller et que la solution est individuelle. En réponse à cela, Stand Up To Racism valorise une culture engagée qui prend parti pour une tout autre société. »

Hier après-midi, Code Rouge a lancé le festival par sa chanson « Francken, fais tes valises et casse-toi ». Avant d’appeler à se mobiliser contre la venue du Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration sur le campus le 15 mai prochain (toutes les infos ici).

Martijn Nelen, slammeur gantois, finaliste du championnat belge de slam poetry en 2015 : « La neutralité est une connerie tant qu’elle vise une cible, une communauté, spécifique. Le jour où mes textes seront “neutres” c’est qu’il n’y aura plus de querelles communautaires en Belgique. »

Iman Ben Madhkour, présidente de Comac VUB, s’est elle aussi essayé au slam : « Nous amenons Molenbeek avenue Louise. Apprenant rapidement ce qui se fait depuis longtemps. Les jeunes qui peuvent descendre dans la rue : stand up to racism ! »

Le festival Stand Up to Racism s’étendra durant les mois de mai et juin dans différentes villes universitaires au Nord comme au Sud du pays et se clôturera avec plusieurs concerts à ManiFiesta, à Bredene, les 8 et 9 septembre 2018.